Balance des blancs, comment bien l’utiliser

Reflex réglage balance des blancs
La rosace d’un D800 et le bouton « WB » pour White Balance

Voilà un sujet très récurrent dans tous les cours pour apprendre la photo, avec le réglage de son appareil photo, le réglage de la balance des blancs figure parmi ceux qui arrivent en tête du palmarès des articles les plus demandés et les plus lus.

Pour ma part je suis plutôt anticonformiste, sans être un rebelle non plus, je crois qu’un apprentissage peut suivre différents cheminements et n’est pas une suite d’étape figée qu’il faut absolument compléter avant de passer à la suivante. Du moins en ce qui concerne la photographie, bien entendu…   . Bon, pourquoi je vous raconte cela, me demanderez-vous ? Parce que moi aussi, je me devais de vous parler tout de même de la balance des blancs un tant soit peu. C’est donc pour cette raison que nous ne l’abordons que maintenant …

Dans cet article nous allons voir :

  • Pourquoi la balance des blancs c’est quand même important !
  • Comment bien régler sa BdB (balance des blancs) et je vous révèlerai une astuce qui tue!
  • Pourquoi le format RAW c’est mieux pour vos photos
  • La balance des blancs un outil au service de votre créativité
  • Et en bonus une courte vidéo explicative du réglage d’une balance des blancs

Pourquoi régler sa balance des blancs ?

Les sources lumineuses n’ont pas toutes la même température de couleur. La lumière autour de nous n’est pas stable, tant en luminosité qu’en couleurs. Le matin la lumière est différente de celle du soir, mais cela vous n’aviez pas besoin de moi pour l’avoir remarqué   .

Notre cerveau opère sans cesse une correction automatique de la lumière perçue par nos yeux. Ainsi un mur blanc sera toujours blanc pour nous même si vous l’éclairez avec une source lumineuse à dominante jaunâtre. De même, dans une pièce uniquement éclairée par une lumière artificielle qui serait à dominante jaune – orange, notre œil ne perçoit pas cette dominante (ou si peu), notre cerveau faisant la correction. Les objets et les murs de cette pièce nous apparaissent donc dans leurs couleurs « normales ».

La couleur de la lumière est mesuré en Kelvin (et surtout pas degrés Kelvin ou°K comme on peut le voir encore de-ci de-là   ). C’est ce que l’on appelle la température de couleur. Par exemple une lampe halogène fait entre 3 000 et 3 200 Kelvin, le soleil qui se couche fera dans les 2000 Kelvin. La lumière du jour est estimée à environ 5 500 Kelvin. En règle générale les températures de couleur que l’on rencontre au quotidien s’étendent de 2000 K (lumière très chaude, rouge-orangé) à environ 11000 (lumière très froide, bleue).

Comme je l’ai dit un peu plus haut, notre cerveau opère une correction c’est ainsi donc que nous distinguons les bonnes couleurs quelles que soient les ambiances lumineuses. Mais pour les capteurs de nos appareils il en va tout autrement bien sûr, et cela aussi avancés soient-ils.

Concrètement pour nos photos on fait comment ?

Sur un appareil photo numérique, le réglage de la balance des blancs va donc vous permettre de « dire » à votre appareil quelles corrections apporter en fonction de l’éclairage de la scène. Concrètement on va corriger la dominante de couleur de façon que notre mur blanc soit bien blanc sur notre photo finale quelle que soit la manière dont celui-ci est éclairé.

Théoriquement en intérieur je devrais procéder comme suis : je vais choisir une BdB soit « tungstène » soit « Fluorescent » en fonction du type d’éclairage de la pièce.  L’appareil corrigera la dominante de couleur en fonction de l’éclairage ambiant. Cela c’est pour la théorie…

Bon, je vais être honnête avec vous, la réalité est bien plus simple que cela ! Et au risque d’en faire hurler certains dans le monde de la photo : je ne m’occupe jamais de ma balance des blancs au moment de la prise de vues ! Mes appareils sont tous réglés en BdB « Auto », c’est aussi simple que cela. La voilà l’astuce qui tue ! Bon ok, ce n’est pas vraiment une astuce me direz-vous…
Je vous recommande donc vivement d’en faire autant, à condition bien sûr que vous utilisiez le RAW comme format de fichier pour vos photos. Fixer (entendait par là, régler) sa balance des blancs au post traitement sera d’une grande facilité et de plus absolument non destructif pour votre photo si vous travaillez avec le format RAW.

En effet rappelez-vous qu’en RAW vos possibilités de retouches sont infiniment plus grandes qu’en JPEG, et la BdB n’échappe pas à cette règle. En RAW, la valeur de la BdB est enregistrée dans le fichier mais elle n’est pas appliquée à l’image. Il vous sera donc possible de la modifier sans risquer d’abîmer votre photo dans des logiciels tels que Camera RAW ou. Lightroom, pour ne citer que ceux-là.

Oui mais moi je ne veux (peux) pas utiliser le RAW, je shoote en JPEG !

Dans ces cas-là, une fois encore la BdB en automatique fera de l’excellent travail la plupart du temps. Toutefois si vous vous retrouvez dans une situation un peu « extrême » il vous faudra étalonner votre appareil avant la prise de vues, car tenter par la suite de régler la BdB au post traitement s’avérera toujours un tant soit peu destructif sur ce type de fichier.

Mais avant d’en arriver là, dans un premier temps essayez les préréglages de BdB disponible sur votre appareil à savoir : Tungstène, Fluorescent, voire Flash. Toujours en partant du postulat qu’il s’agisse de photos d’intérieur, parce qu’en générale en extérieur dans des conditions lumineuses « normales » vous ne rencontrez pas de problème majeur.

Si aucun de ces réglages ne vous donne satisfaction alors il vous faudra étalonner votre appareil. La procédure n’est pas trop compliquée, et je vous enjoins à vous référer à la notice de votre appareil, qui explique certainement dans les détails la procédure.

Les pictogrammes usuels que l’on retrouve sur la plupart des appareils IMAGE

Dans les grandes lignes il vous faudra  créer une « balance des Blancs personnalisée ». Pour ce faire, il vous faudra prendre une photo en gros plan de quelque chose de blanc voire gris moyen. Cette surface devant recevoir la lumière de la pièce de façon indirecte, attendu que l’éclairage ne changera pas au cours de la session de prise de vues, bien entendu. Sinon si les conditions d’éclairages changent il vous faudra recommencer l’opération. Vous l’aurez compris, cet étalonnage manuel n’est réellement intéressant que dans des conditions lumineuses stables.

Une feuille de papier blanc fera très bien l’affaire la plupart du temps. Puis avec cette nouvelle BdB enregistrée dans votre appareil en tant que nouveau paramètre personnalisé, vous pourrez alors entamer votre shooting.

Mais rassurez vous, même si vous ne tenez pas à opter pour le format RAW, vous n’aurez à réaliser cette opération que vraiment en dernier recours. Je vous ai tout de même décrit l’opération dans les grandes lignes afin que vous sachiez qu’il existe une solution « de la dernière chance » au cas où !

Et si la scène a plusieurs sources lumineuses de couleurs différentes ?

Pour faire face à une telle situation ce sera finalement très simple. Soit vous faites la photo au format RAW et en quelques clics dans votre logiciel de traitement favori avoir la bonne balance aux bons endroits sera un jeu d’enfant. Très rapide à faire dans Lightroom ou autres…

Soit, et surtout si vous avez opté pour le JPEG, vous choisissez une seule balance des blancs pour toute votre photo ! Alors évidemment certaines couleurs seront nécessairement différentes de la réalité, mais le résultat peut être créativement intéressant.

Alors RAW ou JPEG?

Vous allez dire que j’insiste mais si vous avez enregistré vos images en JPEG, vous ne pourrez procéder qu’à quelques petits ajustements lors du post traitement. Donc très peu de marge de manœuvre, une retouche un peu poussée dégradera vos photos.

A contrario, si vous avez choisi le format RAW, vous pourrez régler la balance des blancs (entre autres choses…) sans aucune dégradation de la qualité de votre fichier a posteriori. En effet en JPEG le choix de la balance des blancs doit donc s’effectuer avant la prise de vues et ne sera pas rattrapable (ou si peu) après coup dans un logiciel de retouche. Avec le RAW vous pourrez « fixer » votre BdB comme bon vous semble après votre séance photos dans votre logiciel… C’est l’un des (très) nombreux avantages de ce format. Vous n’avez plus besoin de vous soucier de la balance des blancs au moment de vos prises de vues. Ainsi vous pouvez vous concentrer sur la composition et le cadrage de votre photo par exemple.

Ici une balance des blancs « Normale » pour une fin de journée. IMAGE

Et ici pourquoi n’oserions nous pas quelque chose de plus « décalé » ? IMAGE

Et cela vaut même pour ceux qui ne feront que très peu de post traitement, le simple fait de vouloir régler une BdB incorrecte sur un JPEG peut se révéler destructif.

La Balance des blancs : un levier créatif

Dans le paragraphe ci-dessus, je vous disais que le fait d’opter pour le format RAW vous permettraient de ne plus vous soucier de la BdB.  Mettez donc celle-ci en « auto » et concentrez-vous sur des aspects plus importants. Comme le cadrage, la composition, l’exposition, la recherche de points de vue différents etc.

Mais d’un autre côté la BdB peut devenir un outil supplémentaire pour booster votre créativité. En choisissant un réglage de BdB autre de ce que l’on serait en droit d’attendre, vous obtiendrez des images qui créativement, feront la différence. En testant différentes BdB, vous obtiendrez des rendus en décalage complet. Par exemple un coucher de soleil avec une BdB Tungstène pourrait donner un effet qui sorte vraiment du lot des couchers de soleil habituels !

Ces quatre images de la station de métro de l’université de Sofia illustrent différents réglages de la balance des blancs. De gauche à droite et de haut en bas, ces réglages sont les suivants : automatique, lumière du jour, flash et éclairage tungstène. Sources Wikipédia IMAGE

En conclusion

Donc pas de panique, dans la majorité des cas une BdB auto fera de l’excellent travail. Et au pire une BdB personnalisée sera votre arme fatale dans toutes situations d’ambiance lumineuses qui vous donneront du fil à retordre. Je vous ai expliqué la procédure plus haut, mais référez-vous à la notice de votre appareil pour savoir comment opérer exactement. Si vous avez des questions, si des points n’étaient pas clairs je suis là ! Laissez-moi un mail ou un message via les commentaires et je répondrai à vos questions, je suis là pour cela.   .

Si vraiment vous voulez absolument récupérer une balance des blancs à partir d’un JPEG dans votre logiciel de retouche, n’oubliez pas que cette opération est destructrice sur ce type de fichiers. Avec un fichier RAW cela n’a aucune espèce d’importance. Si vous n’êtes pas encore passé au RAW, c’est le moment ! L’essayer c’est l’adopter   !

Important!

Et vous dites-moi comment vous utilisez ou allez utiliser la balance des blancs, partagez votre expérience en commentaire ci-dessous, posez vos questions, faites moi part de vos remarques.
Bref, venez en parler dans les commentaires ci-dessous.